Trenet – C’est un jardin extraordinaire – SATB a cappella
Description
C’est un jardin extraordinaire:
Il y a des canards qui parlent anglais.
Je leur donne du pain, ils remuent leur derrière
En me disant « Thank you very much, Monsieur Trenet ».
On y voit aussi des statues
Qui se tiennent tranquilles tout le jour, dit-on
Mais moi, je sais que, dès la nuit venue,
Elles s’en vont danser sur le gazon.
Papa, c’est un jardin extraordinaire:
Il y a des oiseaux qui tiennent un buffet.
Ils vendent du grain, des petits morceaux de gruyère.
Comme clients ils ont Monsieur le maire et le Sous-Préfet.
Il fallait bien trouver, dans cette grande ville maussade
Où les touristes s’ennuient au fond de leurs autocars,
Il fallait bien trouver un lieu pour la promenade.
J’avoue que ce samedi-là je suis entré par hasard…
Dans, dans, dans…
Un jardin extraordinaire,
Loin des noirs buildings et des passages cloutés.
Y avait un bal que donnaient des primevères.
Dans un coin de verdure, les petites grenouilles chantaient
Une chanson pour saluer la lune.
Dès que celle-ci parut, toute rose d’émotion,
Elles entonnèrent, je crois, la valse brune.
Une vieille chouette me dit: « Quelle distraction! »
Maman, dans ce jardin extraordinaire,
Je vis soudain passer la plus belle des filles.
Elle vint près de moi, et là me dit sans manières:
« Vous me plaisez beaucoup, j’aime les hommes dont les yeux brillent! »
Il fallait bien trouver, dans cette grande ville perverse,
Une gentille amourette, un petit flirt de vingt ans
Qui me fasse oublier que l’amour est un commerce
Dans les bars de la cité,
Oui, mais oui mais pas dans…
Dans, dans, dans…
Mon jardin extraordinaire.
Un ange du Bizarre, un agent nous dit:
« Étendez-vous sur la verte bruyère,
Je vous jouerai du luth pendant que vous serez réunis. »
Cet agent était un grand poète
Mais nous préférions, Artémise et moi,
La douceur d’une couchette secrète
Qu’elle me fit découvrir au fond du bois.
Pour ceux qui veulent savoir où le jardin se trouve,
Il est, vous le voyez, au coeur de ma chanson.
J’y vole parfois quand un chagrin m’éprouve.
Il suffit pour ça d’un peu d’imagination!
—
It’s an extraordinary garden:
There are ducks that speak English.
I give them bread, they wiggle their bottoms
Saying to me, « Thank you very much, Monsieur Trenet. »
There are also statues
That stay perfectly still all day, they say
But I know that, as soon as night falls,
They go off to dance on the lawn.
Dad, it’s an extraordinary garden:
There are birds that run a buffet.
They sell grain, little pieces of Gruyère cheese.
The mayor and the sub-prefect are among their customers.
In this big, dreary city,
Where tourists are bored in the back of their coaches,
We had to find a place for a stroll.
I confess that that Saturday I stumbled upon…
Into, into, into…
An extraordinary garden,
Far from the dark buildings and the pedestrian crossings.
There was a ball given by the primroses.
In a green corner, the little frogs sang
A song to greet the moon.
As soon as she appeared, all pink with emotion,
They began, I think, the brown waltz.
An old owl said to me: « What a distraction! »
Mother, in this extraordinary garden,
I suddenly saw the most beautiful girl pass by.
She came close to me, and there she said to me without ceremony:
« I like you very much, I like men whose eyes sparkle! »
I had to find, in this great, perverse city,
A sweet little romance, a twenty-year-old flirtation
That would make me forget that love is a business
In the city bars,
Yes, but yes, but not in…
In, in, in…
My extraordinary garden.
An angel of the Bizarre, an agent, told us:
« Lie down on the green heather,
I will play the lute for you while you are together. »
This agent was a great poet,
But we preferred, Artemisia and I,
The sweetness of a secret bed
That she showed me deep in the woods.
For those who wish to know where the garden is,
It is, as you see, at the heart of my song.
I sometimes fly there when sorrow afflicts me.
All it takes is a little imagination!



