A travers la palissade – accordion & piano

inspiré par les poèmes de Philippe Rebetez

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Description

travers la palissadeun hommage à mon grand père

« Mon grand-père maternel est venu jeune homme d’Italie pour fuir la misère et travailler dans le bâtiment (il sera maçon puis chef de chantier). J’en ai gardé le souvenir de l’odeur – voire du goût – du ciment frais, comme si j’en étais imprégné. J’ai gardé d’ailleurs de lui… sa pelle usée mais encore vaillante et quand j’en caresse le manche je sens comme une force, une passation…  J’aime observer les chantiers, je sens comme une continuité entre nos deux métiers: poser les bases puis s’élever jusqu’à…  Il me semble qu’il y a une dimension commune entre ces deux mondes, ne dit-on pas d’ailleurs d’une nouvelle œuvre qu’elle est « en chantier »?

Inspirée de la forme même du poème de Philippe Rebetez, « A travers la palissade » est une suite d’instants observés à la dérobée, à travers des bouts de planche mal ajustés, d’un « chantier interdit » où l’on perçoit des échos de la vie de ces bâtisseurs de rêve… » J’ai choisi sept (comme les jours de la semainepoèmes du recueil de Philippe Rebetez « derrière la palissade » qui évoque (ce sont ses mots): « le chant des oiseaux (rossignol, merle), une ouverture, une symphonie, un ballet, une chorégraphie, des cadences, des partitions, le chant des hommes, O sole mio! » Oui des « des entrailles de la terre » va s’ériger une construction qui a déclenché l’inspiration du poète qui à son tour déclenchera celle du compositeur! Imprégné de ces atmosphères riches et variées, comme si elle en était une prolongation, une résonance, j’ai laissé venir à moi la musique

I des entrailles de la terre
II lourdes charges – corps fatigués
III des cris sous la pluie
IV béton frais, empreinte fragile
V O sole mio
VI des rires fusent…
VII au sommet de la grue, un oiseau
VIII rêves envolés

lundi matin
début d’une semaine
de lourdes charges

creuser
ajuster
remblayer

vendredi
retrouvailles
au Cercle

sur la place

chorégraphie
de rouleaux compresseurs
le bitume fume
l’effervescence
annonce l’ouverture
bâtiment neuf
délais tenus
corps fatigués

3 forte pluie

les hommes travaillent
sous un abri de fortune
ils hurlent
pour se faire entendre
corps arc-boutés
redoublant d’efforts

pour installer les banches
4 béton du mur

encore frais
le merle s’y pose
laisse son empreinte

fier de lui
5 O sole mio

tôt le matin
sur le chantier voisin
l’ouvrier se donne

du courage

6 ils sont cinq sur le banc

devant la palissade
chantier interdit
ils sortent du sac
le pique-nique de midi
parlent peu
se partagent le pain
des rires fusent
peut-être une blague
de chantier

7 sur la flèche de la grue

on le distingue à peine
grand oiseau
en équilibre
sa silhouette s’anime
funambule
sans spectateurs
le manoeuvre
raconte
le nombre de ponts construits
le barrage
et les kilomètres d’autoroute
il parle de Julia aussi
rencontrée à la cantine
au pays de Cocagne
rêves envolés